5 types de personnes en maturation textuelle

Depuis un quart de siècle que j’anime des formations à l’écrit et des coaching littéraires, j’observe une chose.
Schématiquement, il y a quatre types de personnes en maturation textuelle.

5 typologies empiriques reposant sur mes observations

1 – Les personnes ayant beaucoup d’imagination et de nombreuses idées originales mais qui écrivent mal. Leur style est pauvre, truffé de clichés, de phrases tarabiscotées, d’excès de superlatifs et de lieux communs.

2 – Celles plutôt cultivées, possédant un vocabulaire riche, une bonne maîtrise de la syntaxe – parfois trop…, de bonnes connaissances littéraires, mais, peu ou pas d’imagination. Leur créativité est déjà en pré-retraite.

3 – Celles qui écrivent bien, ont de l’imagination et de bonnes aptitudes pour se lancer en littérature, mais aucune confiance en elles. Si bien qu’elles remettent toujours à plus tard tout projet d’écriture parce qu’elles ne sont jamais assez prêtes.

4 – Celles, très imaginatives, écrivant bien, ayant confiance en elles, mais qui n’ont pas l’art de raconter des histoires.

 Celles, enfin, qui n’ont ni le talent, ni le style, ni l’art de raconter une histoire mais ont une foi inébranlable en elles. Décidées et candides, elles croient ingénument que tout le monde est capable d’écrire un livre, quel que soit le genre.

Quant à l’auteur (e) béni des dieux de l’écriture, il possède une bonne culture, a une bonne maîtrise de l’écriture littéraire, de l’imagination, confiance en lui et l’art de raconter des histoires.

Vous reconnaissez-vous dans une de ces typologies ?

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31 ID et + pour écrire une histoire

GardnerC’était au temps ou Internet n’existait pas encore.
À Oxnard en Californie, Erle Stanley Gardner travaillait pour un cabinet d’avocat. Chichement payé, il commença à écrire de petites histoires en espérant les vendre à la presse. Il en adressa quelques unes aux magazines. Après plusieurs refus, une première fut publiée, puis une deuxième, puis une troisième.

D’autres magazines, par l’auteur alléché, le sollicitèrent aussi. Il fut vite débordé.
Pour faciliter son travail et ne pas perdre de temps à chercher quelle histoire écrire selon le type de demande, il créa une liste de situations dramatiques dans laquelle il piochait.

Erie Stanley Gardner avait beaucoup d’imagination et une force de travail hors du commun. Il écrivit 90 romans, des nouvelles, des séries télé et même des publicités. Prouvant ainsi qu’un auteur n’est pas obligé de s’enfermer dans un seul registre d’écriture.

Voyez ci-dessous un extrait de la liste de Erie Stanley Gardner.
On peut s’en inspirer et la compléter avec d’autres idées imaginées ou piochées ici ou là.

  1. Un personnage en péril implore pour qu’on le tire de l’embarras.
  2. Un personnage se propose pour en sauver un ou plusieurs autres.
  3. Un personnage venge le meurtre d’un autre personnage.
  4. Venger un proche : une vengeance au sein d’une même famille.
  5. Un personnage traqué doit s’enfuir pour sauver sa vie.
  6. Un désastre survient ou va survenir suite aux actions d’un personnage.
  7. Un personnage désire posséder un bien, un être, etc.
  8. Un personnage insoumis se révolte contre une autorité supérieure.
  9. Un personnage très audacieux tente d’obtenir l’inatteignable.
  10. Un personnage kidnappe une personne contre sa volonté.
  11. Un personnage tente de résoudre une énigme difficile.
  12. Un personnage principal essaie de s’emparer d’un bien précieux.
  13. Un personnage voue une haine profonde à un autre personnage.
  14. Un personnage veut atteindre la situation enviable d’un proche.
  15. Un personnage tue le mari de son amante.
  16. Un personnage commet des crimes sous l’emprise de la folie ou de la drogue.
  17. Un personnage commet une erreur fatale.
  18. Un personnage a ou aurait peut-être une relation incestueuse.
  19. Un personnage tue un proche sans le savoir.
  20. Un personnage donne sa vie pour un idéal.
  21. Un personnage se sacrifie pour sauver un proche.
  22. La passion d’un personnage se révèle fatale.
  23. Un personnage doit sacrifier un être proche pour un idéal supérieur.
  24. Un personnage décide d’affronter un autre bien plus fort que lui.
  25. Un personnage trompe un autre personnage.
  26. Un personnage amoureux s’égare et commet un crime.
  27. L’être aimé se livre à des activités répréhensibles.
  28. Un amour est entravé par la famille ou la société.
  29. Un personnage en aime un autre alors qu’il est son ennemi.
  30. Un personnage issu d’un milieu aisé s’éprend d’une personne d’un statut social inférieur ou inversement.
  31. Un personnage cherche à prendre le pouvoir par tous les moyens.

    Quelle que soit l’intrigue, votre personnage principal ne sera pas crédible s’il n’a pas quelques contradictions, des questions et des doutes. On croira davantage à lui s’il est tiraillé par plusieurs sentiments. Des fragilités et des erreurs présentes ou passées le rendront plus réel.
    À vous de décider : un héros invulnérable ou faillible ?

    Gérard Cénec nous signale : « J’ai retrouvé dans le très ancien ouvrage d’Albert Kintz « Pour analyser les média » (1971) l’analyse qu’en faisait Umberto Eco.
    Il observait que les romans de Ian Fleming (1908 – 1964) obéissent à un schéma invariable, que l’on peut décrire ainsi :

    1. « M », le grand patron, envoie James Bond dans un endroit donné pour éventer un plan de science-fiction ; Bond rencontre le Méchant, un individu monstrueux, d’origine incertaine, en tout cas pas anglais, qui fait le jeu des ennemis de l’Occident

    2 . Bon inflige un premier échec au Méchant ou l’inverse ;

    3. Bond fait la connaissance d’une Femme qui vit sous la coupe du Méchant ;

    4. Bond la libère de son passé en établissant avec elle un rapport érotique ;

    5. Le Méchant capture Bond (avec ou sans la Femme) ;

    6. Le Méchant torture Bond (avec ou sans la femme) ;

    7. Bond défait le Méchant qui meurt de façon horrible ;

    8. Bond se repose de ses fatigues dans les bras de la Femme, qu’il est toutefois destiné à perdre.

    Tout en connaissant ces vieilles ficelles, en bon public, nous continuons à jouer le jeu ! »

Votre page de pub, la 4e de couv

Que faisons-nous dans une librairie lorsque nous feuilletons un roman dont le titre ou la couverture a retenu notre attention ?
Nous picorons généralement quelques lignes par ci par là, puis nous retournons l’ouvrage pour lire, plus ou moins en détail, la quatrième de couverture.
C’est à cet instant que tout se joue : acheter ce livre ou le reposer.

Qu’est-ce qu’une 4e de couverture ?
C’est, en quelques lignes, la présentation de l’intrigue se trouvant généralement au dos de tous les livres. Un texte concentré sur la dernière page extérieure, appelée « plat verso » opposée au « plat recto » qui concerne le plat du dessus d’un livre. C’est ce qui est lu en premier par tout lecteur tenté par un livre. Il suffit d’observer les chalands dans une librairie pour s’en convaincre.

En principe, l’éditeur s’arroge le droit de la rédiger, c’est d’ailleurs prévu dans de nombreux contrats. Prétexte invoqué : « Vendre est notre métier, un auteur n’a pas ce notre savoir-faire marketing »
Et c’est ainsi qu’on peut voir des « 4e de couv » frisant le ridicule. Quelques lignes affligeantes couvrant d’éloges un auteur débutant en le comparant à Camus, Flaubert, Modiano, etc.

camus-la-chuteLa 4e de couverture est votre page de pub, elle est très importante, ne la laissez pas écrire par n’importe qui ! Veillez à y mettre votre grain sel. Qui, mieux que vous, peut valoriser votre travail ?
Certaines personnes me disent qu’il est gênant de vanter son propre livre, de chercher à racoler ses futurs lecteurs.
Si vous pensez de même et ne savez pas ou n’osez pas vous vendre. Si, vous ne vous croyez pas capable de séduire d’éventuels lecteurs, alors obtenez de votre éditeur une 4e de couverture se cantonnant à un extrait et votre photo.
Faites simple, mais pas scolaire, tout de même…