Ecrire pour ne pas être lu

Il m’arrive de répondre à une personne demandant mon avis sur un texte, qu’elle a le sens de la narration
mais que son style aurait besoin d’être épuré, plus clair, moins alambiqué.
Elle me demande généralement comment faire et me prie de lui expliquer plus précisément ce que je veux dire.
Pour l’éclairer, il faudrait que nous passions au moins une journée en tête-à-tête, que j’ai le temps de relire et réécrire en partie son texte. C’est rarement possible.

Mais voilà que ce matin, au courrier, arrivent les vœux de ma banque. Ils tombent à pic !  J’ai là, un exemple de ce qu’il ne faut pas faire.

Lisez ces quelques lignes, s’il vous plaît :

« Au sortir d’une année 2015 et à l’aube de cette nouvelle année 2016, c’est avec beaucoup de plaisir que nous nous adressons à chacun d’entre vous afin de vous formuler nos vœux les plus chaleureux et les plus sincères. Des vœux de santé et de bonheur, bien sûr, des vœux de réussite tant personnelle que professionnelle, mais aussi des vœux d’espoir, de fraternité, de respect et de paix. Au nom du Conseil d’Administration, du Comité de direction, mais aussi de l’ensemble des administrateurs, des cadres et des collaborateurs du (…) nous vous souhaitons une très belle et très heureuse année 2016 ! »

Je devine votre réaction, vous qui écrivez des fictions :  « Mais cela n’a rien à voir, c’est un texte d’entreprise, c’est de la  communication ! »

Détrompez-vous, c’est exactement la même chose. Réfléchissons. Qui a écrit ce texte ?  Une personne chargée de communication, donc quelqu’un qui sait écrire pour communiquer. Qui a sûrement été formée pour cela.
Oui, mais pas pour écrire pour être lue.

La première phrase de ce texte annonce au destinataire que l’année 2015 est terminée que 2016 commence. C’est ce qu’on appelle enfoncer des portes ouvertes. Cette phrase  comprend combien de mots ? 39 !  Ne pensez-vous pas qu’on pourrait dire la même chose avec une phrase beaucoup plus courte ? La phrase suivante contient 29 pour dire à peu près la même chose. Quant à la troisième phrase il faut encore 34 mots  pour nous souhaiter une très belle et très heureuse année 2016.

Croyez-vous que cette profusion de mots creux et de lieux communs, cet assemblage confus de voeux et de personnes, puisse séduire quiconque ?

On ne prend jamais assez de recul quand on relit ses écrits. On oublie surtout de se mettre à la place du lecteur.
C’est difficile mais indispensable, si on espère être lu et apprécié.

Nos voeux 2016 et les autres…

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5 types de personnes en maturation textuelle

Depuis un quart de siècle que j’anime des formations à l’écrit et des coaching littéraires, j’observe une chose.
Schématiquement, il y a quatre types de personnes en maturation textuelle.

5 typologies empiriques reposant sur mes observations

1 – Les personnes ayant beaucoup d’imagination et de nombreuses idées originales mais qui écrivent mal. Leur style est pauvre, truffé de clichés, de phrases tarabiscotées, d’excès de superlatifs et de lieux communs.

2 – Celles plutôt cultivées, possédant un vocabulaire riche, une bonne maîtrise de la syntaxe – parfois trop…, de bonnes connaissances littéraires, mais, peu ou pas d’imagination. Leur créativité est déjà en pré-retraite.

3 – Celles qui écrivent bien, ont de l’imagination et de bonnes aptitudes pour se lancer en littérature, mais aucune confiance en elles. Si bien qu’elles remettent toujours à plus tard tout projet d’écriture parce qu’elles ne sont jamais assez prêtes.

4 – Celles, très imaginatives, écrivant bien, ayant confiance en elles, mais qui n’ont pas l’art de raconter des histoires.

 Celles, enfin, qui n’ont ni le talent, ni le style, ni l’art de raconter une histoire mais ont une foi inébranlable en elles. Décidées et candides, elles croient ingénument que tout le monde est capable d’écrire un livre, quel que soit le genre.

Quant à l’auteur (e) béni des dieux de l’écriture, il possède une bonne culture, a une bonne maîtrise de l’écriture littéraire, de l’imagination, confiance en lui et l’art de raconter des histoires.

Vous reconnaissez-vous dans une de ces typologies ?

Faut-il avoir un blog d’auteur ?

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Un blog d’auteur est-il indispensable ?
Oui, bien sûr !
Que vous soyez édité par un éditeur ayant pignon sur rue ou un auteur auto-édité sur Internet, ne passez pas à côté de votre époque.
Les auteurs du passé entretenaient des correspondances, le blog d’auteur joue ce rôle et complète le papier.
A partir du moment où vous avez publié un ouvrage, un blog d’auteur devient vite indispensable.
D’ailleurs, de plus en plus d’éditeurs papier engagent leurs auteurs à en posséder un.
Inutile de faire l’autruche, les liens entre l’édition traditionnel et Internet vont être de plus en plus resserrés. Autant s’y faire.   

Faites un tour sur Internet, vous constaterez que même des écrivains connus, tels François Bon, Eric Chevillard, Stephen King, Maxime Chattam, etc., sont présents sur la toile.

S’ils consacrent du temps à un blog, ce n’est pas pour rien. Ils ont compris que c’est un remarquable moyen de développer une relation directe avec ceux qui achètent leurs livres ou qui hésitent à les acheter.

Quelques conseils 

Un blog d’auteur n’a rien en commun avec les autres blogs.
Il doit correspondre à votre personne. Impossible d’accéder à un minimum de notoriété avec un design, un ton et des mots ne sortant pas du lot.

Pensez votre blog comme un outil au service de votre carrière d’auteur.
Les lecteurs aiment savoir à quoi ressemble celle ou celui qui a publié le livre.
Montrez-vous, postez une photo de profil, parlez de vos projets, de vos doutes, de votre univers de travail. Faites en sorte qu’on s’attache à votre personne.
Soignez le propos plus que le style. Ne vous contentez pas de parler classiquement de l’écriture, montrez votre personnalité et assumez la.
Adoptez un ton qui vous ressemble.

Faut-il ouvrir son blog aux commentaires ?
Si vous êtes en train de travailler sur un livre, je vous le déconseille. Répondre aux commentaires prend beaucoup de temps. Songez déjà que pour qu’un blog d’auteur vive, il faut publier régulièrement des textes. Sinon, il ne sert à rien.

Attention, sauf si vous êtes déjà célèbre, ne publiez pas que des articles parlant de vous et de votre travail d’auteur, relayez d’autres écrits que vous trouvez intéressants. Notamment sur Internet. Relatez vos visites d’expositions ou salons concernant l’écrit ou la littérature, parlez de l’actualité des livres, donnez votre opinion sur vos lectures, etc.

Un blog d’auteur est un bon support pour publier et donner vie à des textes inédits dormant dans un tiroir. Ne vous en privez pas, un éditeur peut passer par là…
Sachez qu’un éditeur appréciera de voir que vous êtes capable de promouvoir votre personne et vos écrits.

Conseils techniques

Précautions à prendre concernant l’hébergement de votre blog ou site.
Les hébergeurs ne manquent pas, leurs tarifs se valent, mais pas leurs services.
Renseignez-vous bien sur l’assistance technique, certains hébergeurs répondent
en 24 h, d’autres, une semaine plus tard, voire plus…
Prenez le temps de lire les conditions d’abonnement. Vous devez avoir la main sur votre blog et rester maître de sa gestion. L’hébergeur doit vous donner tous les codes permettant d’intervenir sur votre blog.
Méfiez-vous, ne vous faites pas piéger par un abonnement qui ne vous permet pas de changer d’hébergeur quand bon vous semble.

Combien cela va approximativement coûter ?
– Achat du nom de domaine : de 10 à 50 €
– Achat d’un thème : de 15 à 50 €
– Hébergement : environ 10 € par mois

Un blog peut ne rien coûter. On trouve de nombreuses propositions pour réaliser un blog et l’héberger gratuitement. Inconvénient, ces blogs se ressemblent beaucoup. Si vous disposez d’un petit budget, achetez un thème et un hébergement, vous serez plus visible et plus libre. 

Quelle que soit votre décision, payant ou gratuit, choisissez un thème Respensive* pour votre blog d’auteur. Il faut qu’il s’adapte automatiquement à tous les formats car 60% des personnes consultent Internet sur le petit écran d’une tablette ou d’un smartphone.

Pourquoi choisir WordPress ?
Parce que c’est le plus performant, celui qui offre le plus de possibilités et qui évolue constamment. Il y a tellement de plugins et de ressources autour qu’il permet de créer n’importe quel service, même un e-commerce.

* « Responsive » veut dire qu’un blog ou thèmes s’adapte à tous les types d’écrans : téléphones, tablettes, télévisions, etc.

Qu’est-ce qui fait un grand roman ?

Michel Tournier, qu’est-ce qui fait un grand roman ?

« Je ne me mets pas moi-même dans mes romans, pas du tout. Je cherche un grand sujet. Si vous étiez venue il y a quelque temps, il y avait quatre cents romans qui traînaient par terre, pour le prix Goncourt. Regardez tous les romans qui paraissent, de quoi parlent-ils? D’un monsieur et d’une dame qui se plaisent, puis se déplaisent, qui se quittent et qui se retrouvent. Point final. Pour moi ce n’est pas un sujet. On peut en faire un chef-d’œuvre, certes. C’est Tristan et Iseut, Roméo et Juliette. Mais c’est très rare. »

La magazine des livres n°15 avril 2009

Ces débuts qui causent un tort aux pages qui suivent

Hier soir, j’étais à une soirée. Nous étions une soixantaine d’invités.
Quelques-uns se connaissaient, d’autres s’étaient entr’aperçus, la plupart se découvraient.
J’observais comment chacun s’y prenait pour rompre la glace.
La météo pourrie de cette fin avril leur facilitait la tâche :
» Bonsoir, il ne fait pas très chaud, » ou  » Bonjour, on ne dirait pas que c’est le printemps ! »
Ces mutuels salamalecs sur les aléas climatiques amorçaient des conversations anodines.

C’est également le cas dans nombre de textes sur lesquels on me demande un avis.
Leurs auteurs commencent, pour la plupart, par une sorte d’avant-propos besogneux causant un tort aux pages qui suivent.
Ils tentent d’établir un climat qui, au final, nous refroidit…
Je crois que c’est par timidité qu’ils n’osent pas entrer immédiatement dans le vif du sujet.
Par peur de déranger ou provoquer le lecteur.
C’est pourtant nécessaire, si vous n’appâtez pas rapidement les lecteurs votre ouvrage risque de leur tomber des mains.

Sauf nécessité, ne délayez pas d’entrée de jeu, allez-y franchement.
Un livre perd beaucoup de lecteurs quand ses premières lignes (l’incipit) sont ennuyeuses.
Quand, après avoir lu la première page, on attend encore que quelque chose nous retienne.

Un début de roman, informe généralement sur le lieu, le personnage principal et la temporalité,
mais il ne faut surtout pas que cela s’éternise.
Mieux vaut intéresser rapidement et donner le ton en quelques lignes.
C’est primordial pour un comité de lecteur…

Le début d’un roman est très important, on peut rater un livre avec un mauvais commencement.
Il est nécessaire de tout faire pour séduire ses futurs lecteurs dès le début.
Souvenez-vous !  Combien de fois entendez-vous dire : « Il faut se taper les 20 premières pages, après, vous verrez, ça vaut le coup ! »

Un bon début de roman c’est un piège duquel on ne devrait plus pouvoir s’échapper.

Un ami, Bruno Pfeiffer, m’a offert dernièrement Les carnets de Pascal Vercken, « Longtemps je me suis couché de bonne heure » un tout petit livre imprimé en 1985. Ce ne sont que des débuts de roman, 80 en tout. Si vous avez la chance de le trouver chez un bouquiniste, achetez-le, il vaut son pesant de mots.

Il n’y a pas de modèles d’incipits, c’est à l’auteur de faire en sorte de captiver le lecteur.

Quelques exemples  :

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas »

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li. Ta. »  

« Quelque part, dans un archipel, existaient deux îles séparées par un arc-en-ciel. L’une était l’île aux communs, l’autre, lîle aux Panaches. »

« Gervaise avait attendu Lantier jusqu’à deux heures du matin.
Puis, toute frissonnante d’être restée en camisole à l’air vif de la fenêtre, elle s’était assoupie, jetée en travers du lit, fiévreuse, les joues trempées de larmes. Depuis huit jours, au sortir du Veau à deux têtes, où ils mangeaient, il l’envoyait se coucher avec les enfants et ne reparaissait que tard dans la nuit, en racontant qu’il cherchait du travail.”

 « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il latrouva franchement laide. »

« C’est fini. La plage de Big Sur est vide, et je demeure sur le sable, à l’endroit même où je suis tombé. »

« DOUKIPUDONKTAN, se demanda Gabriel excédé. »

« Ça a débuté comme ça »

 « Adreas Schaltzmann s’est mis à tuer parce que son estomac pourrissait. »

Pour avoir une idée des livres (e-book) qui se vendent très bien sur Amazon

10 astuces pour vous aider à écrire un roman

1 . Si le déroulement de l’histoire que vous souhaitez raconter n’est pas net dans votre esprit.
Cherchez comment elle se terminera. Tel John Irving pour la plupart de ses romans, demandez-vous :
« Que se passe-t-il à la fin de ce livre qui fait que cela vaille la peine de lire tout ce livre ? »

Les dernières phrases du roman sont souvent les premières que cherche l’auteur du Monde selon Garp.
Une fois qu’il connaît la fin de son futur roman, une fois qu’il a écrit les dernières phrases, il remonte l’histoire en sens inverse, jusqu’au début.

2 . Quand vous devez écrire la suite et que rien ne vient :
Relisez les trois ou quatre dernières pages que vous avez écrites.
Souvent, aussitôt lus les derniers mots, la suite s’impose immédiatement.

Sinon, une fois vos dernières pages lues, fermez les yeux et laissez votre esprit rêver comme bon lui semble.
Généralement, les idées permettant de poursuivre finissent par se présenter. Non pas organisées mais en désordre.

C’est à vous de trier.=
Attention ! Si vous testez cette méthode, veillez à ne pas corriger les dernières pages que vous relisez,
sinon votre esprit va se focaliser sur ça et alors, adieu la rêverie créatrice !

3 . Si vous écrivez un roman autobiographique et que vous manquez d’inspiration
Ouvrez les albums de famille et laissez votre esprit vagabonder sur les photos qui vous attirent le plus à ce moment-là.
Ne les survolez pas, au contraire, examinez chaque détail, chaque visage, posture, animal, objet, maison, auto, etc.

4 . Quand vous avez l’impression que votre style s’éparpille
Gardez toujours à l’esprit, le titre de votre texte. Vérifiez si vous y êtes fidèle.
Puis titrez provisoirement chaque chapitre.
Ces titres vont vous aider à ne pas partir dans tous les sens.

5 . Si vous constatez que vous en dites trop dans vos phrases.
Coupez-les ! Évitez la complexité, n’exprimez qu’une idée par phrase.
Trop d’idées dans une phrase embrouillent la lecture.

6 . Quand vous peinez sur une description
Ne cherchez pas à tout montrer ! Ne montrez que l’essentiel.
Procédez comme un caricaturiste, décrivez à grands traits.
Ne retenez que ce qui caractérise le plus ce que vous tentez de décrire.

Voyez comment  Lionel Duroy  dans Le Chagrin, édition Julliard, décrit une demeure :
« Une maison charmante quoiqu’un peu maniérée, en bois, faite d’un salon d’inspiration vaguement victorienne au rez-de-chaussée et d’une cuisine année 1970 à dominante orange ouvrant sur un petit jardin, tandis qu’à l’étage, desservies par un escalier au lustre prétentieux, se trouvaient trois chambres lumineuses (doubles bow-windows disposés en angle et offrant une vue plongeante sur la rue, ou le petit jardin) ainsi qu’une vaste salle de bain.

7 . Si vous trouvez que vos dialogues sonnent faux
Jouez-les ! Dites à voix haute les dialogues que vous avez écrits.
Si vous avez une ou un partenaire pour assurer les répliques, c’est encore mieux.
Quoi qu’il en soit, enregistrez-vous, un enregistrement vidéo est idéal.
Au visionnage, vous allez immédiatement vous rendre compte si vos dialogues sont crédibles.

8 . Quand vous restez en panne d’écriture devant la page blanche
Allez faire un tour ! Marchez une demi-heure. Marcher irrigue le cerveau
et les idées arrivent. Ce bon truc est connu depuis l’antiquité.

9 . Si vous voulez relancer l’intérêt des lecteurs de votre roman
Terminez vos chapitres avec ce type de formules :
– un peu plus tard,- quelques jours après,
– un jour, cependant
– elle avait enfin deviné ce qui n’allait pas
– par bonheur- c’est sans doute ce qui me décida
– c’est à partir de là que tout changea

Deux exemples de relances :
« Et puis les républicains investirent Lingberg, et tout changea. »Le complot contre l’Amérique, Philip Roth, Gallimard »
« C’est un samedi après-midi semblable à celui-ci que nous apparaît pour la première fois André Périgne,
qui va tellement compter dans notre vie. Lionel Duroy, déjà cité

Premier Roman

10 . Quand vous souhaiterez avoir sous la main, le meilleur guide pour écrire un roman

Offrez-vous :  Comment écrire son premier roman

L’atelier du roman ouvre ses portes à Bordeaux

Cet atelier, animé par Pascal Perrat, est exclusivement réservé aux personnes qui ont un roman en cours d’écriture.

Ouverture en octobre 2015 : 8 personnes au maximum.

L’expérience de l’animateur

Depuis plus de 20 ans, des milliers de personnes ont participé aux stages et ateliers d’écriture créative animés par Pascal Perrat au sein de l’Ecrit-voir ® l’organisme de formation qu’il a créé en 1988 et dont Sylvianne Perrat, a pris la succession

Mentor en écriture

Autodidacte, car dyslexique, Pascal Perrat est pourtant reconnu comme un mentor de l’écriture sous toutes ses formes. 
La plupart des écoles de journalisme et des ateliers d’écriture s’inspirent de son best seller : Enrichir son style et Libérer son écriture 

Auteur d’une dizaine d’ouvrages dont un primé par l’Académie Française

Plus d’information sur son blog